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séminaire du Céditec - séance du vendredi 15 décembre 2006, 14h-17h

Publié le 24 janvier 2010 Mis à jour le 24 janvier 2010

L'intégration des TIC dans le supérieur :
approches croisées


séance coordonnée par Christine Barats

 

Avec la définition en 2002 d’une certification informatique et internet (le C2i), l’intégration des technologies de l’information et de la communication (TIC) - priorité du Ministère français de l’éducation nationale depuis 1997 - quitte le champ de l’environnement des formations ou de la FOAD (Formation Ouverte et A Distance) pour s’inscrire au cœur des programmes universitaires et des compétences délivrées par l’enseignement supérieur français. Il s’agit en effet d’un certificat visant à vérifier la maîtrise des compétences TIC « désormais indispensables » pour tous les étudiants. Les discours du ministère de tutelle, de même que les projets initiés par ce ministère, comme le C2i, les UNR (Universités Numériques en Région) ou les UNT (Universités Numériques Thématiques), indiquent un changement d’approche depuis 2002, à savoir le passage d’un discours promotionnel et d’impulsion à un discours de généralisation et d’appropriation de l’usage des TIC. Les discours se veulent ainsi induire une appropriation des TIC par une diversité d’acteurs (enseignants, enseignants-chercheurs, chercheurs, étudiants, personnel administratif, personnel technique…). Ils font également appel à des mythes, entendus comme système sémiologique (Barthes, 1957), c’est-à-dire que les discours font appel à des signifiés mythologiques propres à l’enseignement supérieur français pour susciter cette intégration, à savoir :
- celui d’un enseignement accessible ou dont l’accès est facilité, conformément à une vision de démocratisation du supérieur,
- celui d’un enseignement égalitaire qui favorise la réussite ou lutte contre l’échec.
Les TIC, présentées comme un outil dans les textes ministériels, pourraient aider à atteindre certaines fins qui s’inscrivent dans ce système sémiologique des mythes du supérieur.
Il nous a semblé tout particulièrement intéressant d’éclairer nos recherches sur les discours TIC à partir d’autres approches socio-économiques.

 

Interventions :

Les modèles économiques du e-learning en Europe
- Adel Ben Youssef, Maître de conférences en sciences économiques, Université Paris XI, Membre du comité de pilotage du campus numérique CANEGE. Responsable du WP5 du consortium européen ELENE-TT (www.elene-tt.net) et responsable du WP4 du consortium européen ELENE-EE (www.elene-ee.net ).
- Alain Rallet, Professeur Economie, ADIS (Analyse des dynamiques industrielles et sociales), Université de Paris XI.
L'objet de cette communication consiste à comprendre et à caractériser la diversité des trajectoires numériques en matière d'emploi des TIC dans le secteur de l'éducation et notamment l'enseignement supérieur en Europe. Dans une première partie, nous tenterons de comprendre les sources à l'origine de cette diversité (technologiques, culturelles, marchandes...) alors que dans une seconde partie nous chercherons à illustrer les implications de cette diversité sur les modèles économiques de développement du e-learning dans les universités européennes (la Finlande, la Suède, l'Espagne, l'Italie, la Pologne, l'Allemagne, la Hollande et la France).

Les TIC en France : politique ministérielle et politique d’établissement
- Christine Barats, Céditec, Maître de conférences en sciences de l’information et de la communication
En France, le Ministère de l’Education Nationale a suscité, depuis 1989, l’intégration des TIC dans l’enseignement supérieur, par des discours et des structures visant à promouvoir cette intégration, à la rendre visible. Différentes périodes sont ainsi identifiables quant à la manière de promouvoir les TIC (étude historique de l’organigramme du ministère et de la terminologie employée, indice d’une reconnaissance institutionnelle du pilotage des TIC avec la mise en place de structures spécifiques et de l’adoption de sigles ou acronymes, analyse de la place de la technologie dans les dispositifs de formation). La récente stabilité terminologique avec l’adoption de l’acronyme TICE s’accompagne d’un accroissement des logiques de communication à destination des étudiants et de la mise en place d’une certification des compétences TIC pour les étudiants dès leur entrée à l’université (le C2i, Certificat informatique et internet), indice d’une banalisation de l’outil technologique qui ne présume cependant pas des conditions d’appropriation. En effet, une étude monographique menée au sein d’un établissement souligne les difficultés de mise en place des TICE.

Télécharger des textes de Christine Barats en pdf :

BaratsJOCAIR.pdf

BaratsEUTIC.pdf

 

L'utilisation des TIC dans le cadre d'activités éducatives
- Eric Bruillard, Professeur des universités en informatique, UMR Stef, ENS Cachan/INRP, IUFM de Créteil qui proposera un autre point de vue, plus centré sur les utilisateurs ou sur les activités qu'ils sont susceptibles de mener avec les TIC autour du travail et de l'apprentissage collaboratifs à distance dans l'enseignement supérieur. Il abordera l’utilisation des TIC dans le cadre d'activités éducatives : questions d'appropriation et d' "usage", réflexion autour du travail et de l'apprentissage collaboratifs à distance.

Télécharger des textes d'Eric Bruillard en pdf :

BruillardDIDAC.pdf

BruillardCOLLAB.pdf

BruillardEIAH.pdf

 

Discutants : Eric Bruillard (UMR Stef, ENS Cachan/INRP) et Julia Bonaccorsi (Céditec).