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séminaire du Céditec - séance du vendredi 26 octobre 2007

Publié le 24 janvier 2010
La critique littéraire dans les médias

 

Cette séance portera précisément sur la construction de l’image de l’écrivain dans les médias, à travers les rubriques et émissions littéraires. On croisera les approches diachronique et synchronique sur les deux supports que sont la télévision et la presse écrite.

Organisatrices : Claire Blandin et Isabelle Laborde-Milaa

 

Intervenants et résumés des interventions :

Frédéric Delarue, doctorant en histoire, Université de Versailles-St Quentin en Yvelines, membre du CHCSC
• L'émission littéraire "Apostrophes" a progressivement suscité un consensus auprès du grand public comme des professionnels du livre, de la télévision et des pouvoirs publics. Cet ancrage dans la mémoire audiovisuelle (grâce à sa longévité) puis dans la mémoire collective appelle donc un questionnement sur les modalités de la rencontre entre l'écrit et l'écran. La fortune du mythe de l'intentionnalité de l'auteur et par rejeu, la mise au ban des thèses post-structuralistes (entre autres la mort de l'auteur et l'intertextualité), l'attention à l'actualité littéraire dans son acception la plus large, constituent en effet les premiers jalons d'"Apostrophes". Celle-ci s'appuie sur ses homologues antérieures ou contemporaines pour construire au fil du temps une formule pérenne : un présentateur unique (comme au Journal Télévisé), une programmation fixe avantageuse (le vendredi soir, à 21 h 30), un équilibre entre les émissions de plateaux dédiés au débat et les "Grands Entretiens".  A travers le dépouillement d'un corpus composé d'une trentaine d'"Apostrophes", de la presse de programmes comme de la presse quotidienne d'information générale, il s'agit de comprendre comment "Apostrophes" a pu incarner le mythe de "l'émission littéraire par excellence”.

Claire Blandin, maître de conférences en information-communication, Université Paris 12, membre du Ceditec
• L'émergence d'une culture médiatique de masse au milieu du XIXe siècle accompagne la construction de la figure de l'écrivain dans l'espace public. Des romans feuilletons de La  Presse de Girardin, aux écrivains mis en scène par les photographes du France-Soir de  Lazareff, on trouve dans la presse populaire un versant souvent ignoré de cette médiatisation de l'auteur. Cette communication présentera une synthèse des travaux novateurs de deux équipes de recherche en littérature et histoire (autour d'Alain Vaillant et Marie-Eve Therenty d'un côté, autour de Dominique Kalifa de l'autre) et une première exploration d'un corpus des grands titres de la presse populaire.

Isabelle Laborde-Milaa et Malika Temmar, maîtres de conférences en sciences du langage (Université Paris 12 et Université d’Amiens), membres du Ceditec
• La réflexion portera sur la mise en scène des écrivains et ses enjeux  dans la presse écrite contemporaine. Le corpus (sept-oct 2005) se compose des suppléments ou rubriques littéraires de la PQN et de deux news magazines, ainsi que du magazine Lire. Nous montrerons que s’y affirme le fait littéraire, ces suppléments se présentant comme une sorte d'académie qui formate et consacre les "vrais" écrivains, et tente d'évincer les "faux" - tout cela dans une répartition de rôles entre les journalistes et journalistes-écrivains. Il s’agit donc de dégager les différents niveaux de l’évaluation dont les écrivains sont l’objet, depuis l’axiologie nettement affirmée dans les comptes rendus critiques jusqu’aux scénographies discursives (avec leurs éléments  iconiques), qui servent à fixer différents niveaux de légitimité. Lesquelles scénographies, disparates d’un titre de presse à l’autre, empruntent à des modèles qui sortent du champ littéraire et, de ce fait, interrogent l’identité de ce méta-énonciateur qu’est chaque support journalistique.

Discutant : Dominique Maingueneau, Professeur en sciences du langage, Université Paris 12 – IUF, membre du Ceditec