séminaire du Céditec - séance du vendredi 15 mai 2009, 14h à 17h

Publié le 24 janvier 2010 Mis à jour le 24 janvier 2010

salle 19, UFR de Sciences économiques, Mail des Mèches

 


Dispositifs électroniques et discours politiques

 

 

Stéphanie Wojcik (CEDITEC, Université Paris 12)

Mon intervention, conçue comme une introduction à la séance, aura pour objet de présenter le numéro de Réseaux « Parler politique en ligne » (coordonné avec Fabienne Greffet, n° 150, 2008). Il s’agira d’aborder les principaux questionnements qui animent les travaux sur les prises de parole en ligne des « citoyens ordinaires ». Sera présenté ensuite le cadre général (questionnements, hypothèses et terrains choisis ou envisagés) de la recherche « Formats de l’expression citoyenne dans les procédures locales de concertation : une comparaison européenne » financée par le Ministère de l’Ecologie dans le cadre du programme « Concertation, décision, environnement », sous la direction de Laurence Monnoyer-Smith (COSTECH, Université de Technologie de Compiègne). Les participants à cette recherche, intervenant lors de cette séance, présenteront en effet les premiers résultats de l’enquête sur le premier terrain, l’assemblée participative électronique organisée par la Région Poitou-Charentes.

> Stéphanie Wojcik est docteur en science politique (Université Toulouse 1), maître de conférences en sciences de l’information et de la communication (Université Paris 12) et membre du CEDITEC. Ses travaux portent sur les dispositifs, notamment en ligne, de démocratie participative. Elle est l’auteur de "Parler politique en ligne : une revue des travaux français et anglo-saxons", Réseaux, vol. 26, n° 150, septembre 2008, p. 9-50 (avec Fabienne Greffet).

 


Julien Talpin (COSTECH, Université de Technologie de Compiègne)

Démocratie électronique vs. démocratie participative? Quand les citoyens préfèrent le face-à-face à internet

La région Poitou-Charentes a récemment organisé, en lien avec la Toscane et la Catalogne, une assemblée participative électronique sur le changement climatique regroupant 150 jeunes de la région, celle-ci étant couplée à un site web participatif ayant permis la tenue de discussions en ligne en amont. Cette expérience hautement technologique a été qualifiée par ses organisateurs d'"e-democratie", les participants pouvant délibérer en ligne et en face-à-face, les opinions exprimées dans ce dernier cas étant également traitées et synthétisées informatiquement, afin de permettre aux participants de voter ensuite à l'aide de boîtiers électroniques. Pourtant, l'enquête menée auprès des participants - âgés de 14 à 30 ans - indique qu'ils préfèrent nettement la participation en face-à-face, qu'ils y apprennent plus et y discutent plus aisément qu'en ligne. Nous nous interrogerons par conséquent sur les vertus d'une technologisation de la démocratie si, au final, les acteurs restent attachés à la démocratie de face-à-face. Cette étude nous permettra ainsi d'interroger l'importance du support pour le déploiement de la parole citoyenne et plus largement pour l'approfondissement de la démocratie.

> Julien Talpin est docteur en sciences politiques et sociales de l'Institut Universitaire Européen de Florence, post-doctorant au laboratoire Costech. Ses travaux portent notamment sur les nouvelles formes de participation et de délibération politique, l'institutionnalisation de la démocratie participative, et sur les conditions d'accès à la compétence politique. Il a récemment publié « Pour une approche processuelle de l’engagement participatif : La construction de la compétence civique dans des institutions de budget participatif et ses conséquences sur la démocratie représentative. », Politique et sociétés, vol. 27, n° 3, 2008, p. 133-164.


 

Virginie Julliard (COSTECH, Université de Technologie de Compiègne) et Julia Bonaccorsi (CEDITEC, Université Paris 12)

L'analyse des forums en ligne. Le cas d'Idéal-EU

Le forum en ligne compte au nombre des dispositifs de concertation mis en place par la Région Poitou-Charentes. Comment, dans un forum en ligne, des personnes sont-elles mises en présence dans le but d'échanger ? L'articulation de différentes méthodes (description du dispositif technique, analyse sémiotique du site et du forum, entretiens) au sein du projet nous permet d'appréhender ce dispositif dans ses dimensions techniques, sociales et sémiotiques de manière à mettre en évidence les conditions matérielles de l'énonciation, les modes de participation, les formats d'expression et les modèles de discussions proposés ainsi que leur appropriation. Que nous apprend ce dispositif de concertation des formes et de l'évolution de la représentation, qu'y mettent les élus et les concepteurs d'une part, et qu'y construisent les participants d'autre part ?

> Virginie Julliard est docteure en sciences de l'information et de la communication de l'Institut Français de Presse (Université Paris 2), ATER au laboratoire Costech (Université de Technologie de Compiègne). Ses travaux portent sur la configuration médiatique de débats publics tels que la parité, la construction médiatique du genre en politique, et les liens entre expression du genre et dispositifs d'inscription des discours.
Récente communication publiée en ligne : "Pour une interrogation du "genre" par les sciences de l'information et de la communication", Les sciences de l'information et de la communication : affirmation et pluralité, 16e congrès de la SFSIC, Université de Technologie de Compiègne, 11-13 juin 2008 disponible sur http://www.sfsic.org/congres_2008
> Julia Bonaccorsi est maître de conférences en Sciences de l'information et de la communication à l'Université Paris-Est et membre du Céditec. Ses travaux portent sur les médiations des savoirs et la circulation discursive de phénomènes publics. Elle publie au printemps 2009 l'ouvrage « Le devoir de lecture. Médiations d'une pratique culturelle » aux éditions Hermes-Lavoisier.