séminaire du Céditec - séance du vendredi 25 mai 2007, 14h à 17h

Publié le 24 janvier 2010 Mis à jour le 24 janvier 2010

Discours institutionnels et médiatiques sur la sécurité routière : la construction d’un consensus ?

coordination Caroline Ollivier-Yaniv

 

La sécurité routière et son pendant, l’insécurité routière, sont communément considérées comme constituant un problème social et un enjeu politique, c’est-à-dire comme une question dont la prise en considération et le traitement relèvent de l’intérêt et du mieux-être de la collectivité dans son ensemble et des individus qui la constituent. En outre, l’insécurité routière constitue un problème public qui semble de moins en moins faire l’objet de controverses et autour duquel s’est établie - ou est en train de s’établir ? - une forme de consensus.
A l’occasion de ce séminaire, on voudrait plus particulièrement examiner cette hypothèse de la formation d’un consensus autour de la nécessité de résoudre le problème de l’insécurité routière.
Pour ce faire, on s’attachera à mettre en perspective les discours institutionnels (et en particulier les discours qui procèdent de la communication du gouvernement) et les discours médiatiques qui portent sur la sécurité/l’insécurité routières.

Notre questionnement s’appuiera sur une double problématique.
On considérera tout d’abord, d’un point de vue constructiviste, que les problèmes publics ne sont pas donnés en nature. Dans cette perspective, l’insécurité routière ne constitue pas en soi un « dysfonctionnement d’un système social », mais en ensemble de « circonstances qui sont perçues comme pathologiques à travers le prisme d’une culture publique » (1) . On s’interrogera donc sur les formes prises par cette perception et/ou sur les conditions d’émergence de ce qui peut apparaître comme une doxa à la fois hygiéniste et sécuritaire, du côté des acteurs institutionnels ou des acteurs médiatiques.
Simultanément et à partir d’un ancrage anthropologique, on considérera que l’ordre public ne peut exister sans sa – ou ses – mises en scène. En matière de sécurité routière, l’Etat dispose de dispositifs de coercition et de répression, de surcroît caractérisés par leur accentuation depuis quelques années. A l’échelle de l’Etat, on peut ainsi considérer que la communication institutionnelle fonctionne de manière complémentaire aux dispositifs de coercition. Dans cette perspective, les interventions s’attacheront également à mettre au jour les représentations du bien public et de l’ordre public (liées au comportement routier) qui émanent du discours institutionnel ou du discours médiatique.
 

Intervenant(e)s :

- Didier Nourrisson, professeur d’histoire contemporaine à l’IUFM de Lyon : « L'automobilisme, ou la construction sociale d'un risque routier avant 1940. »

- Camille Picard, doctorante-allocataire de recherche, ISOR-Centre d'histoire du XIXe siècle, Université Paris I Panthéon-Sorbonne : « La bonne conduite ? Regards sur les campagnes en faveur de la sécurité routière, des années cinquante à nos jours. »

- Julien Duval, (Dominique Marchetti, sous réserve), chargés de recherche CNRS en sociologie au Centre de Sociologie Européenne – « Le traitement des questions de sécurité routière par la presse automobile à partir de 2002 »

 

(1) Gusfield (Joseph) in « Retour sur la sociologie des problèmes publics. Un entretien avec Joseph Gusfield », par Daniel Cefaï et Danny Trom, [Secret/Public], n°0, 2005, p. 215.