Doctorant en Sciences de l'Information et de la Communication (Université Paris-Est Créteil) | Doctorando en Periodismo (Universidad Complutense de Madrid) en cotutelle internationale.
Publié le 24 septembre 2026–Mis à jour le 25 septembre 2026
Thèmes de recherche
Configurations politico-médiatiques
Sociologie interactionniste des groupes professionnels
Capital et croyances médiatiques
Comparaison de systèmes médiatiques pluralistes polarisés
Thèse en cours (thèse débutée en 2024)
EN (titre original de la thèse) : Keeping pace with emerging parties: a comparative study of the media-oriented political work of Renaissance (France) and Ciudadanos (Spain) (2015–2022)
FR : Au rythme médiatique de partis émergents : une étude comparative du travail politique orienté vers les médias de Renaissance (France) et Ciudadanos (Espagne) (2015-2022)
ES : Al ritmo mediático de partidos emergentes: un estudio comparativo del trabajo político de orientación mediática de Renaissance (Francia) y Ciudadanos (España) (2015-2022)
La communication politique s'apparente à une partition jouée collectivement, au travers de mondes sociaux structurés par des rôles, des croyances et des formats médiatiques codifiés. Dans le sillage de l'érosion du clivage gauche-droite observée dans les démocraties européennes post-2008, de nouveaux « partis-mouvements » ont émergé sans bénéficier d'une base militante historique ni d'un socle idéologique stabilisé. Or, si les stratégies des formations gouvernementales traditionnelles ou des partis dits « populistes » ont fait l'objet de nombreuses recherches, ces partis émergents occupant une position intermédiaire, souvent floue et malléable, demeurent sous-explorés.
Cette thèse interroge ainsi la manière dont deux entreprises politiques de ce type — que l'on peut rattacher aux catégories de partis-mouvements ou de partis-entreprises — ayant connu une apogée dans la seconde moitié des années 2010, Renaissance en France et Ciudadanos en Espagne (2015-2022), parviennent à fabriquer et négocier au quotidien leur « capital médiatique » (Nollet & Desrumaux, 2014), alors même qu'elles sont dépourvues de légitimité militante historique et fondées sur le refus ou le dépassement des clivages partisans traditionnels. Ce paradoxe est d'autant plus significatif que la France et l'Espagne relèvent du modèle des systèmes politiques et médiatiques dits « pluralistes polarisés ou méditerranéens » (Hallin & Mancini, 2004), qui récompense structurellement la polarisation — au prix, toutefois, de défis distincts : tradition du « journalisme d'expression » et fort dirigisme d'État en France, presse à faible tirage mais fortement instrumentalisée en Espagne.
Pour dépasser les limites d'une littérature comparatiste souvent centrée sur les campagnes électorales, cette recherche qualitative mobilise une approche microsociologique et interactionniste du travail politique ordinaire. Ancrée dans la sociologie des groupes professionnels d'Everett Hughes, ce travail a pour objectif de saisir la coproduction de la visibilité médiatique avec les journalistes, en s'appuyant sur la notion de « configuration » de Norbert Elias pour penser leur interdépendance. Ce travail comparatif et longitudinal s'appuie sur une quarantaine d'entretiens semi-directifs menés auprès de journalistes politiques, responsables/conseillers politiques et professionnels de la communication en France et en Espagne, au plus près des pratiques quotidiennes qui régissent ces rapports à la croisée de ces deux mondes sociaux.